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Evaluation de l’état sanitaire de massifs de chênes – Enquête 2020-2025

Les chênes constituent le groupe d’essences couvrant la plus grande surface forestière du territoire national et représentent des enjeux paysagers, financiers et environnementaux majeurs.

Contexte – Objectif
Alors que les indicateurs nationaux montrent un état globalement stationnaire de l’état de santé des chênes au cours des deux dernières décennies (au moins dans les grandes régions écologiques non méditerranéennes), les observations qui sont effectuées depuis une dizaine d’années illustrent que plusieurs massifs sont affectés par des crises plus ou moins intenses. Cette anomalie de perception peut s’expliquer par le fait que les dépérissements sont pour l’instant géographiquement localisés et échappent encore au « Réseau systématique de suivi des dommages forestiers » ; dispositif de surveillance mis en œuvre par le Département Santé Forêts sur l’ensemble du territoire national.

Compte tenu que les chênaies ne sont pas épargnées par les conséquences des aléas climatiques actuels (canicules, sécheresses…) et avant même que des symptômes n’affectent trop les houppiers des arbres, il a été décidé de mettre en place un nouveau dispositif de suivi, dédié aux chênaies.
Trois espèces prioritaires sont concernées : le chêne pédonculé, le chêne sessile et le chêne pubescent ; ce dernier étant peu présent dans le Grand Est.

Le dispositif de suivi des chênaies françaises repose sur un réseau de massifs emblématiques, dits « à enjeu », sur lesquels sera pratiqué un diagnostic de l’état de santé (instantané) des chênes.
Un retour sur ces mêmes sites, prévu dans 5 ans, permettra de mieux caractériser une éventuelle évolution sanitaire sur les massifs retenus.

Massifs retenus dans le Grand Est

6 grands massifs ont été retenus dans le Grand Est :

  • Un en forêt privée (Epernay [51])
  • Cinq en forêt publique (Forêts d’Orients [10], Rumilly [10], Les Etangs [57], Haguenau [67] et La Hardt [68]).

massifs de chênes retenus

Différents critères ont permis cette sélection : vulnérabilité de la forêt (climat, sol peu favorable à l’essence), forêts possédant un historique de dépérissement, ou forêts emblématiques (enjeu patrimonial, financier…). Ces six massifs couvrent une surface de chênaie d’environ 35 000 ha.

Méthodologie
L’opération se déroule par équipe de 2 observateurs  ; les binômes étant constitué d’un correspondant-observateur (CO) du DSF et d’un agent permanent du pôle DSF. Parfois, d’autres opérateurs forestiers, tant publics (ONF) que privés (CRPF, propriétaires), sont venus compléter le dispositif.
Pour des raisons pratiques, l’échantillonnage se base sur des points d’arrêt implantés à partir du réseau de voies carrossables (méthode dite du road sampling). Les notateurs notent alors 20 chênes dominants ou codominants selon 2 critères : la mortalité de branches et le manque de ramification. L’objectif est d’effectuer environ 1 point pour 100 ha de forêt à dominante chêne.

Les premiers résultats de cet état des lieux sont attendus pour le printemps, mais le plus « intéressant » sera de voir l’évolution dans 5 ans.
A suivre donc…

Extrait du protocole dévaluation des chênes : méthode DEPERIS

Méthode de notation simplifié du houppier basée sur 2 critères  :
- branches mortes
- manque de ramifications

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Illustration d’un chêne en bonne santé (A) et d’un chêne dépérissant (E)

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chêne sessile A
exemple de chêne en bonne santé
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chêne sessile E
exemple de chêne très déperissant