Regroupement annuel des Correspondants-Observateurs du Grand Est
C’est à Neufchef (57), au musée des mines de fer, que le Pôle de la Santé des forêts avait donné rendez-vous à son réseau de Correspondants-Observateurs.
Cet événement fédérateur et annuel, très important pour la cohésion du réseau en charge de la surveillance sanitaire des forêts du Grand Est, s’est déroulé les 25 et 26 mars et a réuni une quarantaine de personnes. Pour notre édition 2026, le Département de la Santé des Forêts (MASA/DGAL/DSF) était représenté par Jean-Baptiste DAUBRÉE, expert sur les sujets abiotiques.
Le programme proposé répondait à plusieurs objectifs.
La première demi-journée était consacrée à un retour sur l’année écoulée, avec plusieurs sujets abordés :
- le fonctionnement et la vie du réseau des Correspondants-Observateurs. Comme chaque année, 2025 a vu son lot de départs et d’arrivées, mais se solde par un réseau consolidé, riche de près de 40 CO. Ces derniers ont bénéficié de nombreuses actions de formations et ont apporté une importante contribution en assurant les principales activités en matière de veille sanitaire et de suivi des protocoles ;
- les problématiques sanitaires documentées au cours de l’année 2025 dans le Grand Est. La situation des principales essences résineuses (épicéa, sapin, douglas, pins, mélèzes) et feuillues (chêne, hêtre, charme, frêne, érable, bouleau, peuplier) a été exposée, en précisant les causes abiotiques et biotiques ayant été à l’origine des problèmes constatés. Une mise en perspective avec les mêmes événements, mais à un niveau national, a permis d’élargir la présentation au-delà du contexte régional ;
- les deux actions spécifiques, que constituent le suivi annuel des plantations (près de 190 chantiers notés) et la surveillance des organismes réglementés et émergents (la SORE) avec près de 130 observations.
La seconde demi-journée s’est déroulée sur le terrain, en forêt, avec trois sujets proposés au débat et à l’expertise :
- la situation sanitaire d’une hêtraie qui, après avoir été exposée aux stress hydriques pendant la période 2019-2022, laisse apparaître des signes encourageant de « cicatrisation des houppiers » ;
- la prise en compte du sol forestier, trop souvent maltraité et exposé à des dégradations pouvant être irréversibles et/ou très préjudiciables à la bonne croissance des peuplements forestiers ;
- la recherche des causes pouvant expliquer les mortalités et les défauts de croissance dans une jeune plantation de cèdre de l’Atlas.
La troisième demi-journée a été volontairement dédiée au sujet des plantations, avec quatre interventions :
- un exposé très détaillé sur la vie d’un jeune plant forestier : de sa production en pépinière à sa plantation en forêt ;
- un rappel sur les démarches menées par le DSF depuis 2008 pour évaluer la qualité de reprise des plantations (cf. protocole de suivi) et les évolutions à venir ;
- le retour sur le programme de recherche piloté par le CNPF et portant sur l’expérimentation de diverses protections biosourcées contre les dégâts de gibiers ;
- la nouvelle enquête prévue cette année, qui portera sur l’analyse des jeunes plantations de pin maritime exposées à divers problèmes sanitaires (dont l’armillaire obscure).
Enfin, la dernière demi-journée s’est inscrite dans une vision prospective, avec différents exposés portant sur des sujets en devenir, dont :
- les différents programmes de recherche en matière de santé des forêts financés par le DSF (conditions d’émergence de la maladie de la suie, modélisation de la dynamique du sphaeropsis du pin, impacts des amendements calco-magnésiens pour la résilience des forêts exposées au CC…) ;
- l’importance de la géolocalisation des fiches de signalement par les CO, en vue d’une valorisation dans le cadre de la télédétection ;
- l’état d’avancement du programme Sylvasan (future application mobile pour les Co, développé dans le cadre de la Ruche numérique) ;
- l’évolution des frênaies exposées à la chalarose (retour sur l’enquête road sampling de 2017) ;
- le programme 2026 de la SORE ;
- un point de situation sur le premier foyer de nématode du pin découvert dans les Landes en novembre 2025.
Pour conclure, un moment de convivialité était aussi au programme du « Regroupement 2026 des CO du Grand Est » : la visite du musée, mais surtout des anciennes mines de fer. Sous la conduite de guides passionnés, le groupe a été invité à suivre un parcours scénographique dans les anciens réseaux de galeries, dont les plus anciennes datent de la création de la mine de Neufchef en 1830.
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